Dites leur que je suis un homme

Fiche identité

  • Titre du livre: Dites leur que je suis un homme
  • Auteur: Ernest J. Gaines
  • Nombre de pages: 304
  • Édition: Liana Levi
  • Année de publication: 1993

Résumé

L’histoire se déroule dans la Louisiane des années 40. Un jeune noir est accusé d’avoir assassiné un épicier blanc. Lors du procès, il sera traité de « porc » et « d’animal attaché sur une chaise électrique » par l’avocat commis d’office. Le verdict tombe : il sera condamné à mort. Sa marraine demande à l’instituteur du village, Wiggins, de lui rendre sa dignité humaine.

Avis    

Le titre de ce livre est percutant et nous pousse à en savoir plus. Il s’agit d’une histoire poignante traitant de deux principaux sujets : les conditions de vie des Noirs à cette époque aux Etats-Unis et la peine de mort.
Pour le premier point, il se résume à deux mots : la ségrégation raciale. Dans les années 40, la séparation des Blancs et des Noirs était encore très vivace. Ils subissaient la pauvreté, des conditions de travail misérables dans les plantations de la Louisiane et le mépris et le racisme des Blancs qui les toléraient à peine.
On suit aussi la vie de l’instituteur du village, Wiggins, avec ses états d’âme, ses relations avec les membres de son entourage, ses questions existentielles sur la foi. J’ai senti plusieurs longueurs lorsqu’on abordait cette partie. L’instituteur ne m’a pas paru attachant mais pas antipathique non plus : il dégageait une espèce de fatalité et de résignation qui fatigue un peu à la longue. Je pense que j’ai quelques fois décroché dans la lecture quand ça le concernait, ce qui explique que le livre n’a pas atteint le 5ème coeur.
Le deuxième sujet, qui n’est pas forcément dit explicitement, plane comme une ombre menaçante ou une épée de Damoclès tout au long du livre. Dès le début, nous savons que la condamnation est irréversible mais on ne prend la pleine mesure de cet acte que lors de l’arrivée de la chaise électrique dans la bourgade. La fin du livre est émouvante et beaucoup de questions se bousculent : encore une fois, je suis convaincue que la peine de mort est une décision inhumaine et ignoble.
Le style d’écriture est très simple, un peu lent parfois. Les phrases sont courtes, précises et manquent parfois d’émotion. La façon d’écrire de l’auteur m’a parfois gêné, à moins que ce ne soit la traduction qui soit mauvaise. Mais pour conclure, je dirais que c’est un livre qui en vaut le détour !

La vague

Fiche identité

  • Titre du livre: La vague
  • Auteur: Todd Strasser
  • Nombre de pages: 221
  • Édition: Pocket
  • Année de publication: 1981

Résumé

Ben Ross, professeur d’histoire dans un lycée en Californie, décide de mener une expérience sur ses élèves de terminale pour leur faire comprendre les mécanismes du nazisme. Pour cela, il va créer un mouvement, la Vague, qui va petit à petit transformer l’ambiance d’un paisible lycée en un micro-régime totalitaire.

Avis    

Quelques jours après la rentrée des classes, voici un livre qui nous ramène vers les bancs du lycée. Ce récit est, paraît-il, issu d’une histoire vraie qui a eu lieu aux Etats-Unis. Le résumé est assez explicite et décrit l’expérience d’un professeur d’histoire, Ben Ross : parce qu’il n’arrive pas à leur expliquer de manière concrète la vie quotidienne pendant le nazisme, il essaie de créer une situation semblable. Mais, comme Frankenstein, le créateur est rapidement dépassé par son monstre qui prend des proportions inquiétantes : le mouvement, censé se dérouler dans une classe de terminale, se propage rapidement dans le lycée et connaît un engouement sans pareil. Un micro-régime totalitaire apparaît et transforme le comportement des lycéens.
Ce livre fait réfléchir sur les mécanismes psychologiques qui ont servi de base au fascisme et au nazisme, notamment celui du besoin d’appartenance à un groupe ou même les phénomènes de foule. On sent la fragilité d’un être humain, et la facilité avec laquelle on peut manipuler des gens dont l’esprit critique n’est pas encore mûr, comme ceux de ces adolescents.  L’auteur évoque aussi la soif du pouvoir qui contamine peu à peu le professeur : même si Ben Ross ne cherchait pas à asseoir son autorité, il finit par être entraîné dans le mouvement en tant que leader et a du mal à se défaire de l’emprise qu’il a sur ses élèves.
Mais malheureusement le livre est TROP court, et n’a pas le temps de développer avec plus de profondeur cette expérience. Les évènements s’enchaînent rapidement, avec très peu d’analyse, et laissent un arrière-goût d’inachevé. Le style d’écriture est simple, sans rien de particulier à noter.
Je pense que ce livre part d’une bonne idée mais qui n’a pas été exploité à son maximum. Dommage ! Si vous avez le temps, vous pouvez quand même le lire car il est très court.