L’homme qui savait la langue des serpents

Fiche identité

  • Titre du livre : L’homme qui savait la langue des serpents
  • Auteur : Andrus Kiviräkh
  • Nombre de pages : 470
  • Édition : Le Tripode
  • Année de publication : 2007

Résumé

Cette histoire se déroule en Estonie, quelque part dans une époque médiévale fantastique. Leemet a toujours vécu dans la forêt comme ses ancêtres avant lui. Mais leur mode de vie décline peu à peu : les gens préfèrent s’installer aux villages et adopter d’autres coutumes.

 Avis     

Ce livre nous plonge dans une ambiance particulière, à mi-chemin entre un monde médiéval et un univers fantastique. Nous découvrons deux modes de vie : celui de la forêt où Leemet a toujours baigné, et celui du village d’en bas, qui attire de plus en plus les habitants de la forêt.
Dès le début du livre, le lecteur sait ce qui va se passer. Le narrateur nous raconte le déclin de son monde. Les traditions ancestrales se perdent : les hommes préfèrent manger du pain plutôt que de la viande ; les louves ne sont plus domestiquées pour qu’on boive leur lait ; les hommes ont oublié la langue des serpents, celle qui permettait de contrôler la plupart des animaux ; la légendaire Salamandre a disparu.
Leemet, au début, est fasciné par la nouveauté qu’inspire le village : tout semble si attirant, que ce soient la nourriture, les outils, les vêtements, etc. Mais son choix restera celui de la forêt, notamment parce qu’il est influencé par sa famille et qu’il est attaché à son amie Ints. Il constate le délitement de son monde : certains vouent une haine féroce à ceux qui sont partis ; d’autres se raccrochent désespérément à leur mode de vie ou aux anciens dieux au point de frôler la folie. Ceux qui sont partis aussi ont tout rejeté pour adopter une nouvelle culture : le lien qui les unissait au monde animal et à la nature a totalement disparu ; les légendes sont perdues à jamais, reléguées au mieux au rang de contes pour effrayer les gens.
Ce livre est empreint de nostalgie, mais aussi de réalisme. À aucun moment, il ne fait l’apologie de l’ancien mode de vie au détriment de l’autre. L’ancien monde comme le nouveau est empli de violence et d’intolérance : son grand-père et lui-même ont massacré des gens innocents ; les villageois ont détruit la tanière des serpents.
Leemet constate que le christianisme a remplacé les anciens dieux, mais que le schéma reste le même.
C’est une histoire originale, loin des intrigues conventionnelles. On peut le lire sur plusieurs angles : un conte fantastique, une ode à la nature. Je le comprends surtout ainsi : trouver l’équilibre et l’harmonie entre les anciennes coutumes et les changements que la vie apporte. Accepter les nouveautés sans oublier d’où l’on vient.
Le style d’écriture est fluide, agréable et enchanteur. Comment ne pas regarder d’un autre œil les serpents après ce livre ?
En tout cas, je vous recommande vivement cette histoire !

Antigone

Fiche identité

  • Titre du livre: Antigone
  • Auteur: Sophocle
  • Nombre de pages: 94
  • Édition: Editions 84
  • Année de publication: 442 av. JC

Résumé

Antigone vient de perdre ses deux frères aînés, tués dans une bataille. Créon le roi de Thèbes décrète qu’un des frères, Polynice, celui qui se battait contre Thèbes, n’aura pas droit à des funérailles mais sera laissé sur place pour être dévoré par des bêtes. Antigone se révolte contre cette décision et décide de braver l’interdit.

Avis          

Pourquoi lire Antigone ? Parce qu’un peu de culture générale ne fait jamais de mal et que j’essaie de temps en temps de m’ouvrir à d’autres genres littéraires. Je ne vais rien dire d’exceptionnel étant donné la réputation de cette tragédie qui a traversé les siècles.
Issue d’une famille maudite, Antigone et Ismène sont les derniers descendants dOedipe. Ces deux sœurs sont confrontées à un choix difficile : obéir au roi de Thèbes et laisser un de leurs défunts frères sans sépulture ou bien défier la loi du roi et honorer quand même les pratiques funéraires. Antigone, elle, n’hésite pas : la loi des hommes ne saurait annihiler le droit des morts et des dieux, et donc le seul choix qui s’impose est le respect des rites funéraires pour Polynice.
Antigone est courageuse et déterminée, convaincue de suivre de la volonté des dieux et des morts. A cause de l’aspect omniprésent de la religion et des croyances traditionnelles, Antigone m’a parue un brin fanatique (mais bon, c’est un avis qui n’engage que moi).
Le second personnage est celui de Créon, un homme avide de pouvoir, orgueilleux, borné et qui refuse toute concession malgré les conseils de son entourage. Les conséquences de son choix seront terribles.
Comme il s’agit ici d’une critique purement subjective, je vais me hasarder ici dans un sentier assez délicat: malgré le style d’écriture riche et parfois grandiloquent, avec plusieurs allusions à la religion, j’ai eu du mal à apprécier les interventions intempestives du coryphée et les allusions du chœur aux autres tragédies grecques (que malheureusement je connais très peu). Je sais qu’il s’agit d’une tragédie classique mais c’est un peu « too much »à mon goût toute cette succession de drames (meurtres, suicides etc..)
Quoiqu’il en soit, il s’agit d’un texte court et intense, qui reste intéressant à découvrir !