La carte du monde invisible

Fiche identité

  • Titre du livre : La carte du monde invisible
  • Auteur : Tash Aw
  • Nombre de pages : 444
  • Édition : Robert Laffont
  • Année de publication : 2009

Résumé

Cette histoire se déroule en Indonésie, dans les années 1960. La vie d’Adam est bouleversée lorsque son père adoptif, Karl, un peintre d’origine hollandaise, est arrêté par la police. Il va quitter son île pour partir à la recherche de son père à Djakarta.

Avis    

J’ai pris ce livre après un magnifique voyage en Malaisie. C’est un auteur malaisien, donc je pensais lire une histoire sur son pays, mais j’étais surprise de découvrir que l’histoire se passe majoritairement en Indonésie. Il m’a fait découvrir l’histoire de ce pays, notamment la décolonisation hollandaise et ses conséquences, les troubles politiques qui ont secoué le pays, les conditions de vie de la majorité des habitants de Djakarta, entassés dans des bidonvilles et les relations tendues qui existaient à l’époque entre la Malaisie et l’Indonésie.
L’histoire est un peu décousue, avec un mélange entre le passé et le présent, et des chapitres qui se focalisent alternativement sur chaque personnage : Adam, Johan, Margaret, etc. J’ai parfois été déstabilisée car on suit un personnage sur plusieurs chapitres, puis soudain, on débarque dans un autre contexte vingt ans avant avec les yeux d’un autre protagoniste.
À part la politique indonésienne des années 60, l’auteur évoque aussi les questions liées à l’identité et à l’adoption. Adam, bien qu’il soit aimé et chéri par Karl, sera toujours en quête de ses origines et de son histoire. Margaret, bien qu’elle soit américaine, se sent plus indonésienne qu’autre chose dans un pays qui rejette les étrangers. Johan, bien qu’il soit adopté par une famille aimante, vit aussi dans la culpabilité et le remords. Je ne sais pas pourquoi, mais je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages.
Le style d’écriture est agréable, mais le rythme est un peu long. J’ai eu du mal à finir le livre, qui offre une fin un peu inachevée. Toutefois, ce livre reste intéressant pour les lecteurs qui aimeraient découvrir l’Asie du Sud-Est.

La fiancée pakistanaise

Fiche identité

  • Titre du livre : La fiancée pakistanaise
  • Auteur : Bapsi Sidhwa
  • Nombre de pages : 344
  • Édition : Actes Sud
  • Année de publication : 1983

Résumé

Après une terrible tragédie sur un train à destination de Lahore, Zaïtoon, est adoptée par Qasim, un montagnard du Kohistan. Les années passent mais Qasim se languit de sa région natale. Il décide de marier sa fille adoptive à un homme de sa tribu.

Avis   

Après deux déceptions successives, j’ai eu la main heureuse en tombant sur cet ouvrage. Il regroupe tout ce que j’aime dans un livre : une histoire palpitante avec des rebondissements, un pays que je rêve de visiter, une dénonciation des conditions de vie des femmes.
On va suivre deux personnages sur plusieurs périodes : Qasim, un montagnard du Kohistan qui a migré vers les plaines après une tragédie familiale ; Munni, une orpheline qui sera adoptée par ce dernier. Ensemble, ils vont reconstruire une vie calme et paisible à Lahore. Mais lorsque son père adoptif décide de la marier à quelqu’un de sa région, son destin va basculer.
On découvre dans ce livre les terribles conditions de vie des femmes : celles qui sont contraintes de respecter le purdah, celles qui subissent des mariages arrangés par leur famille, celles qui sont battues par leur conjoint et maltraitées par leur belle-famille. Du jour au lendemain, elles quittent le confort douillet de leur famille pour être troqué contre des chèvres et quelques pièces. On découvre aussi les traditions des montagnards du Kohistan. Le code de l’honneur est la pièce maîtresse de leur société, et une offense peut entraîner des conflits sanglants entre les gens.
Ce livre me rappelle celui de Vikram Seth (cf. Un garçon convenable), mais en plus court. J’aurais tellement aimé que l’auteur développe plus chaque étape de son livre. J’aurai aimé plus de longueurs, plus de détails, un rythme plus lent qui m’aurait permis de savourer ces personnages. Elle est passée trop vite sur certains événements. Il y a beaucoup d’intrigues qui auraient pu être développées plus : le premier mariage de Qasim, les conséquences de la partition de l’empire des Indes en 1947, la vie de Nikka et Miriam, la solitude de Qasim, la suite de la vie de Zaïtoon, les conditions de vie des montagnards, etc.
Le style d’écriture est fluide, léger et ce roman est très agréable à lire. Écrit dans les années 80, ce livre dénonce avec brio les conditions des femmes :  » Partout dans le monde, depuis toujours, les femmes cherchaient à se faire assassiner, violer, exploiter, réduire en esclavage, engrosser, battre, brutaliser et déshériter. C’était une loi de la nature, une loi immuable. »