Le sang des elfes

Fiche identité

  • Titre du livre: Le sang des elfes (La saga du sorceleur – Tome 1)
  • Auteur: Andrzej Sapkowski 
  • Nombre de pages: 343
  • Édition: Bragelonne

Résumé

Geralt de Riv sauve la princesse Ciri lors de la destruction du royaume de Cintra. Il l’emmène dans le fort des Sorceleurs pour suivre un entraînement difficile, réservé normalement aux hommes. Lorsque les pouvoirs de Ciri se manifestent, ils sont dépassés par ceux-ci et doivent faire appel à des magiciennes pour les aider. 

Avis     

D’habitude, j’attends de terminer une série fantasy avant d’écrire mon avis dessus. Mais j’hésite à continuer.
J’ai eu du mal à entrer dans l’univers à cause de la présence d’innombrables personnages secondaires. Chaque chapitre en dévoile un certain nombre qui intervient dans l’intrigue de loin ou de près. L’ouvrage que j’ai à ma disposition ne dispose pas de cartes donc j’ai eu du mal à visualiser la géographie, le poids de chaque royaume ou l’itinéraire de Geralt et Ciri.
L’auteur part aussi du postulat que le lecteur connaît le rôle d’un sorceleur ou d’un magicien. Pour le moment je n’ai pas compris la différence mis à part qu’un sorceleur serait une sorte de mercenaire contre les monstres, ou suis-je complètement à côté de la plaque?
Si j’aborde la partie qui concerne les personnages principaux, j’en distingue quatre au milieu de cette marée humaine: Geralt de Riv, Ciri, Yennefer et Triss.
Je n’ai pas réussi à m’attacher à eux : l’apprentissage de Ciri m’a paru trop rapide et pas assez développé ; Geralt et Yennefer me semblent froids et inaccessibles; Triss trop obnubilée par son ancienne aventure amoureuse avec Geralt. Personne n’a éveillé mon intérêt, ce qui explique mon manque de motivation à continuer.
Je trouve le style d’écriture plat, lourd et complexe, la faute à une mauvaise traduction peut-être. Il manque du rythme, du suspens, la petite pépite qui pourrait me tenir en haleine pendant des jours. Le découpage des chapitres est assez confus, que ce soit dans la chronologie ou la succession des événements. On a l’impression de passer du coq à l’âne à chaque chapitre.
Je reste toujours partagée entre l’idée de continuer cette série ou d’en rester là. Des conseils à me donner ?

L’homme qui savait la langue des serpents

Fiche identité

  • Titre du livre: L’homme qui savait la langue des serpents
  • Auteur: Andrus Kiviräkh
  • Nombre de pages: 470
  • Édition: Le Tripode

Résumé

Cette histoire se déroule en Estonie, quelque part dans une époque médiévale fantastique. Leemet a toujours vécu dans la forêt comme ses ancêtres avant lui. Mais leur mode de vie décline peu à peu : les gens préfèrent s’installer aux villages et adopter d’autres coutumes.

 Avis     

Ce livre nous plonge dans une ambiance particulière, à mi-chemin entre un monde médiéval et un univers fantastique.  Nous découvrons deux modes de vie : celui de la forêt où Leemet a toujours baigné, et celui du village d’en bas, qui attire de plus en plus les habitants de la forêt.
Dès le début du livre, le lecteur sait ce qui va se passer. Le narrateur nous raconte le déclin de son monde. Les traditions ancestrales se perdent : les hommes préfèrent manger du pain plutôt que de la viande ; les louves ne sont plus domestiquées pour qu’on boive leur lait ; les hommes ont oublié la langue des serpents, celle qui permettait de contrôler la plupart des animaux ; la légendaire Salamandre a disparu.
Leemet, au début, est fasciné par la nouveauté qu’inspire le village : tout semble si attirant, que ce soit la nourriture, les outils, les vêtements etc. Mais, son choix restera celui de la forêt, notamment parce qu’il est influencé par sa famille et qu’il est attaché à son amie Ints. Il constate le délitement de son monde : certains vouent une haine féroce à ceux qui sont partis ; d’autres se raccrochent désespérément à leur mode de vie ou aux anciens dieux au point de frôler la folie. Ceux qui sont partis aussi ont tout rejeté pour adopter une nouvelle culture : le lien qui les unissait au monde animal et à la nature a totalement disparu ; les légendes sont perdues à jamais, reléguées au mieux au rang de contes pour effrayer les gens.
Ce livre est empreint de nostalgie mais aussi de réalisme. A aucun moment, il ne fait l’apologie de l’ancien mode de vie au détriment de l’autre. L’ancien monde comme le nouveau est emplit de violence et d’intolérance : son grand-père et lui-même ont massacré des gens innocents ; les villageois ont détruit la tanière des serpents.
Leemet constate que le christianisme a remplacé les anciens dieux mais que le schéma reste le même.
C’est une histoire originale, loin des intrigues conventionnelles. On peut le lire sur plusieurs angles : un conte fantastique, une ode à la nature. Je le comprends surtout ainsi : trouver l’équilibre et l’harmonie entre les anciennes coutumes et les changements que la vie apporte. Accepter les nouveautés sans oublier d’où l’on vient.
Le style d’écriture est fluide, agréable et enchanteur. Comment ne pas regarder d’un autre œil les serpents après ce livre ?
En tout cas, je vous recommande vivement cette histoire !