Les désarrois de l’élève Törless

Fiche identité

  • Titre du livre : Les désarrois de l’élève Törless
  • Auteur : Robert Musil
  • Nombre de pages : 237
  • Édition : Points
  • Année de publication : 1906

Résumé

L’histoire se déroule en Autriche, vers le début du XXème siècle. Le jeune Törless est envoyé à l’école W, isolé en pleine campagne. Un jour, avec ses amis Beineberg et Reiting, il découvre que Basini, un de leurs camarades de classe, est un voleur. Mais au lieu de le dénoncer, ils lui infligent des humiliations et des sévices répétés.

Avis    

Je me suis lancée dans ce livre en espérant faire une belle découverte chez les classiques allemands/autrichiens. Mais j’en ressors aussi échevelée que sur la photo ! Pour être franche, j’ai eu beaucoup de mal à saisir certaines notions et tout au long de la lecture, je me suis même demandée plusieurs fois qu’est-ce ce qui a fait le succès de ce livre. Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose ?
Nous suivons les pensées erratiques d’un adolescent, Törless, qui quitte le cocon familial pour être en pensionnat parmi des jeunes de son âge. En s’acoquinant avec deux garçons Beineberg et Reiting, il participe à l’humiliation d’un camarade de classe.
À mes yeux, Törless est un garçon bizarre, assailli par des pensées confuses et obscures. Il est d’abord tiraillé entre son désir sexuel pour Basini et son dégoût face à cette attirance physique, qu’il considère lui-même comme un vice. Puis sa façon d’agir m’a complètement déconcerté : il observe d’un œil presque indifférent le comportement brutal de ses amis et écoute sans y prêter vraiment attention leurs théories vaseuses pour justifier leur sadisme (viols répétitifs, coups, humiliations verbales). Comment expliquer sa passivité alors qu’intérieurement, il bouillonnait d’idées ?
Ensuite, il se complaît dans des réflexions existentielles, se délecte d’introspections étranges, mais ces idées m’ont paru nébuleuses et peu claires. Que voulait-il dire à propos de son engouement pour les mathématiques, notamment les « nombres imaginaires » ? Et sa réponse lors de l’interrogatoire ?
Je me suis sentie perdue lors de lecture, d’autant plus que le style d’écriture est très technique, donc très lourd : les idées sont abstraites, le ton est froid. Je me suis sentie frustrée en sortant de cette lecture ardue et obscure, où je n’ai pas saisi le fond de la pensée de l’auteur.
Mon avis est facile à deviner : je n’ai pas du tout aimé, donc je ne le recommande absolument pas !

Le tigre blanc

Fiche identité

  • Titre du livre : Le tigre blanc
  • Auteur : Aravind Adiga
  • Nombre de pages : 310
  • Édition : 10 x 18
  • Année de publication : 2008

Résumé

Sous la forme d’une lettre adressée au Premier ministre chinois, Wen Jiabao, Balram Halwai nous déroule l’histoire de sa vie.

Avis    

Ce livre retrace le parcours chaotique de Balram Halwai, un jeune Indien issu des classes sociales défavorisées. Ce n’est pas un personnage forcément aimable et son parcours n’est pas des plus exemplaires, mais il a le mérite d’être incisif et drôle à chaque page.
Loin des clichés exotiques, on découvre dans ce roman l’Inde contemporaine où règnent la corruption, la saleté, la pollution, la misère et les clivages sociaux flagrants.
L’auteur utilise l’opposition ténèbres/lumière au long du livre pour décrire les différences de conditions sociales. Être dans les ténèbres, c’est être comme le père de Balram, rickshaw qui mourra de tuberculose et dont le salaire sera quotidiennement avalé par toute la famille ; c’est être serveur dans un tea-shop comme son frère Kishan sans aucun espoir d’avenir meilleur ; c’est être chauffeur et homme à tout faire au service des riches comme Balram lui-même ; c’est endosser les crimes commis par d’autres ou voir sa famille menacer pour un faux pas, en gros, comme dit l’auteur, c’est se retrouver enfermer dans la « cage aux poules ».
Dès le début de l’histoire, nous savons ce que Balram a fait, mais la structure du récit est telle que nous ne pouvons pas nous arrêter : on souhaite comprendre et cerner ce personnage énigmatique, ce « tigre blanc » qui a osé sortir des rangs. L’auteur a un talent indéniable. Une fois qu’on a commencé la première page, on n’a qu’une seule envie : continuer à lire, car le style d’écriture est tout simplement clair et limpide. Aux descriptions réalistes se mêlent ironie, sarcasme et sens de l’humour : un vrai régal ! Je n’ai pas mis le cinquième coeur car l’histoire reste quand même dérangeante et amorale.
Quoi qu’il en soit, c’est un livre à découvrir de toute urgence ! To be read ? Of course !