Le pavillon des cancéreux

Fiche identité

  • Titre du livre: Le pavillon des cancéreux
  • Auteur: Alexandre Soljenitsyne
  • Nombre de pages: 700
  • Édition: Pocket
  • Année de publication: 1967

Résumé

L’histoire se déroule dans un centre hospitalier soignant des malades atteints du cancer. Si rien ne les rapprochait auparavant, leurs vies vont se croiser le temps de leur traitement.

Avis     

Après un long moment d’inactivité, le club des « Cinq cœurs » accueille un nouveau membre. Je suis sortie de ce livre avec une foule d’émotions et je suis fascinée par la capacité de cet auteur (et des écrivains russes en général) à traduire les émotions, à analyser les sentiments, à partager des réflexions sur tel ou tel aspect de la vie.
La forme m’a laissée presque sans voix : un style d’écriture limpide, léger mais en même temps profond, des descriptions magnifiques, des dialogues riches en contenu tout en étant agréables à lire.
Et pourtant, ce livre ne contient presque aucune action. On va suivre le quotidien du pavillon des cancéreux : mis à part la visite du personnel médical, les séances de radiothérapie ou les opérations chirurgicales, les malades restent dans une chambre, ce qui va entraîner souvent des débats et des prises de bec car la maladie a réunit par hasard des gens venant de milieux très différents. La psychologie de chacun des protagonistes est extrêmement bien travaillée, avec un réalisme saisissant.
Les thèmes abordés par l’auteur sont très profonds : comment réagir devant la maladie, la douleur et la mort ? Quel est le sens de la vie ? Qu’est-ce qui fait vivre les hommes ? Toute cette réflexion est contenu sur plus de 700 pages mais cette citation m’a émue : « ce n’est pas le niveau de vie qui fait le bonheur des hommes mais bien la liaison des cœurs et notre point de vue sur notre vie. Or l’un et l’autre sont toujours en notre pouvoir, et l’homme est toujours heureux s’il le veut, et personne ne peut l’en empêcher ». Contrairement à ce que l’on peut penser, ce livre n’est ni macabre, ni sinistre. C’est un hymne à la vie car depuis cette lecture je savoure l’immense bonheur d’être en bonne santé, de pouvoir marcher, parler et respirer, d’être en vie tout simplement !
Il parle aussi de la déstalinisation, des vies détruites par les déportations arbitraires dans des camps, des dénonciations mensongères. Tout en critiquant le communisme, il ne cautionne pas le capitalisme.
Petit conseil : il vaut mieux le lire lentement afin d’assimiler petit à petit ce que l’auteur veut partager. Pour ma part, j’ai mis trois semaines et plusieurs pauses ici et là pour finir ce chef-d’œuvre. A lire, à relire, à mettre dans vos bibliothèques, à partager à toutes vos connaissances !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La maison de Matriona – Une journée d’Ivan Denissovitch