Une bonne épouse indienne

Fiche identité

  • Titre du livre: Une bonne épouse indienne
  • Auteur: Anne Cherian 
  • Nombre de pages: 512
  • Édition: Folio

Résumé

Alarmé par des nouvelles inquiétantes sur la santé de son grand-père, Neel rend visite à sa famille en Inde pour quelques semaines. Mais il ne soupçonne pas le piège tendu par sa famille : à cause d’un malentendu savamment arrangé, il se retrouve coincé dans un mariage arrangé avec une jeune indienne nommée Leila.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog     

Ce livre est venu dans ma pile de lectures après un bon restaurant indien, comme quoi des chemins détournés mènent à la littérature.
C’est une histoire douce sur un mariage arrangé entre deux personnes : Neel, un médecin d’origine indienne qui a vécu longtemps aux Etats-Unis et qui s’est bien adapté à la culture de son pays d’adoption au point parfois de rejeter la sienne ; Leila jeune femme indienne qui se retrouve catapultée dans un nouveau pays à la suite d’un mariage arrangé où elle n’a rencontré son prétendant qu’une seule fois.
Si au début Leila semble n’être qu’une oie blanche bercée par des romans d’amour anglais et des films hindis, elle se révèle au fur et à mesure des pages plus subtile qu’elle ne le paraissait au début.
Quant à Neel, sa lâcheté m’a agacé : on sent qu’il est partagé entre deux cultures aux antipodes l’une de l’autre et que son rêve d’être en couple avec une Américaine (de préférence blonde) est le symbole de sa complète réussite sociale. Mais à aucun moment, il n’ose briser la glace avec son encombrante épouse et se contente de la soumettre à la solitude tout en continuant sa vie d’avant. Pff, il méritait une bonne paire de claques la plupart du temps !
Le livre reste quand même intéressant car l’auteur fait évoluer doucement les personnages, surtout Leila. Toutefois, je ne peux pas mettre une note supérieure car la morale de l’histoire est ambiguë : le choix de la famille se conclue par une réussite mais est-ce le cas dans la réalité ? Qu’en est-il de ces mariages arrangés où les femmes se retrouvent affublés d’un compagnon violent ou tyrannique qui la tient totalement à sa merci ? Pour moi, cette tradition reste absurde et cruelle, notamment pour les femmes, emprisonnées dans ces carcans rigides et qui sont « vendues » au premier venu.
Bon le livre reste quand même léger et doux, avec un style d’écriture fluide et agréable. Je le recommande comme une lecture d’été facile et sans prise de tête !

Le dieu des petits riens

Roy, Arundhati - Le dieu des petits riensFiche identité

  • Titre du livre: Le dieu des petits riens
  • Auteur: Arundhati Roy
  • Nombre de pages: 483
  • Édition: Gallimard

Résumé

Rahel et Estha, deux jumeaux de huit ans, vivent chez leur grand-mère en compagnie de leur mère Ammu, de leur grande-tante Baby Kochamma et de leur oncle Chacko. Mais un drame va se nouer lors de l’arrivée de leur cousine, Sophie Mol.

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J’ai entendu beaucoup de bien sur cet ouvrage mais mon avis reste mitigé et moyen. Ce fut une lecture difficile, en raison de la chronologie emmêlée et décousue. C’est un vrai puzzle où le présent se mélange au passé, où chaque chapitre est une succession de souvenirs qui resurgissent sans réelle logique. Il faut un certain effort et une bonne dose de concentration pour suivre ces méandres flous et nébuleux ; pour tenter de connecter les détails entre eux et de visualiser le tableau complet.
Le récit débute par le retour de Rahel en Inde après plusieurs années d’absence. Malgré tout ce temps écoulé, les souvenirs restent toujours présents et elle va revivre le drame qui a fait basculé leur existence à jamais. Pour ceux qui liront le livre, vous devinerez bien vite de quoi il en retourne mais l’auteur prend un long moment pour tout développer, ce qui m’a fait souvent piaffer d’impatience.
C’est une histoire de famille, où les souvenirs d’enfance de Rahel et d’Estha, son jumeau, sont prépondérants. Il y a la grand-mère Mammachi, qui tenait une usine de conserves de confitures ; leur mère Ammu divorcée et sans instruction, et de ce fait contrainte de retourner chez sa famille ; leur oncle Chacko, qui a fait des études à Oxford, un coureur de jupons invétéré partagé entre son idéal marxiste et sa position de chef d’entreprise ; Baby Kochamma leur grande-tante, une vieille fille aigrie, perfide et méchante.
C’est aussi l’histoire de l’Inde avec son système de castes contraignant où être né intouchable vous reléguait d’office comme un paria ; c’est l’Inde où les conditions de vie des femmes restaient (et sont toujours je présume) misérables, partagées entre violence conjugale, absence de statut clairement définie en cas de divorce et prostitution pour les plus démunis ; c’est l’Inde avec son foisonnement de couleurs, d’odeurs, de fruits et de saisons mais aussi ces conditions d’hygiène déplorables ; c’est l’Inde avec son pan d’histoire politique lors de l’arrivée des communistes et le mouvement contestataire des naxalites.
Le style d’écriture de l’auteur est coloré, plein de poésie et de sensibilité mais j’insiste sur le côté décousu du récit qui m’a égaré. Le rythme est lent et lourd, comme si on était emprisonné par la torpeur des chaleurs tropicales et de la mousson. Il y a quelques longueurs, dont certaines qui m’ont paru interminables.
Bref, je recommande ce livre pour des lecteurs aguerris, sinon c’est la dépression assurée !