Photo de groupe autour du fleuve

Fiche identité

  • Titre du livre: Photo de groupe au bord du fleuve
  • Auteur: Emmanuel Dongala
  • Nombre de pages: 446
  • Édition: Actes Sud

Résumé

Cette histoire raconte le combat de femmes, casseuses de pierres sur un chantier. Lorsqu’elles apprennent que la construction d’un nouvel aéroport fait augmenter le prix du gravier, elles décident de vendre désormais leurs sacs à vingt mille francs l’unité au lieu des dix milles francs.  Mais ces revendications vont être réprimées et elles devront se battre pour asseoir leurs droits.

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C’est en déambulant au hasard sur quelques listes de lecture de Babelio que je suis tombé sur ce roman écrit par un auteur africain. Intriguée par le résumé et encouragée par les critiques élogieuses, me voilà lancé dans cette lecture.
Ce récit, au-delà, du combat que mènent ces quinze femmes pour obtenir un meilleur prix pour leurs sacs de pierre, reflète les conditions de vie des femmes africaines. Dans ce récit, la plupart sont des femmes seules – veuves, célibataires ou séparées de leur mari – qui luttent au quotidien pour subsister, pour nourrir tant bien que mal leurs enfants et payer les charges fixes du quotidien. La plupart de ces femmes ont vécues une mauvaise expérience avec un homme : l’infidélité, les violences conjugales, la belle-famille qui les a spolié de tous leurs biens au décès de ce dernier, la famille qui marie une enfant à un vieillard, le viol lors des guerres civiles etc.
Leur revendication est légitime mais comment lutter contre les forces de l’ordre, prêtes à réprimer coûte que coûte ces demandes ? Comment faire entendre sa voix lorsqu’on est une femme dans un pays qui ne les accorde que très peu de considération ? Comment lutter contre la corruption et la politique gangrénée, prête à tout pour sauvegarder les apparences à l’approche d’une réunion de chefs d’Etat ?
Ce livre est criant de vérité, d’autant plus que maintenant je vis dans un pays en voie de développement. La réalité est telle que la décrit l’auteur, sans entrer ni dans le pathétique ni dans l’exagération. Il dénonce la pauvreté, la misère, les hôpitaux laissés à l’abandon, les inégalités flagrantes de richesse et de conditions sociales, la corruption, les conditions des femmes etc.
Je n’ai pas mis le cinquième cœur car le style d’écriture est déroutant. L’auteur utilise la 2ème personne du singulier, ce qui crée une forte distance avec le lecteur : malgré le caractère courageux de l’héroïne, je n’ai pas pu m’attacher plus à elle et je l’impute au style employé. La fin est assez naïve quand même et laisse des zones d’ombre.
C’est un très bon ouvrage qui dénonce les problèmes de l’Afrique contemporaine !

Ma Mercedes est plus grosse que la tienne

Fiche identité

  • Titre du livre: Ma Mercedes est plus grosse que la tienne
  • Auteur: Nkem Nwankwo
  • Nombre de pages: 184
  • Édition: Les Editions du Rocher

Résumé

Cette histoire se déroule au Nigéria. Onuma, fils d’Udemezue Okudo un chef de tribu, revient dans son village natal après quinze ans d’absence, au volant d’une magnifique Jaguar. Mais un malencontreux accident après une soirée alcoolisée va faire basculer toute son existence.

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Souvent, l’inconscient guide la main du lecteur dans le choix d’un roman. Je sens qu’un fil ténu lie quelquefois mes lectures. Si le précédent livre (cf. Automobile club d’Egypte) parlait de tout sauf de voiture, ce roman est quasiment son contraire.
Cette histoire ressemble, étrangement au roman, Le bûcher des vanités, de Tom Wolfe sauf qu’il se déroule en Afrique. Il s’agit ici d’une longue descente aux enfers suite à un accident de voiture. Alors que Sherman McCoy, le héros de Tom Wolfe a malencontreusement écrasé quelqu’un, Onuma envoie sa Jaguar dans le ravin après une soirée alcoolisée.
Onuma, comme Sherman McCoy, qui nageait dans l’opulence, se retrouve soudain au fin fond du gouffre. Issu d’un petit village de Nigeria, ce jeune homme réussit brillamment à Lagos, la capitale du pays. Doué d’un bon charisme, il arrive à se faufiler et à gravir aisément les échelons pour occuper un poste intéressant dans une société étrangère. La possession d’une voiture de luxe est en effet un symbole de réussite sociale. Mais tout s’envole en fumée avec l’accident.
Nous avons ici le portrait d’un jeune homme arrogant et plein de mépris pour ses semblables. Sans aucune éthique ni morale, il est prêt à tout pour assouvir ses besoins matériels, quitte à voler son employeur, à fréquenter des truands et à s’affilier en même temps à des partis politiques concurrents. Bref, c’est un petit malfrat qui ne suscite aucune compassion.
Ce livre dénonce également la corruption qui gangrène la politique, les traditions ancestrales coûteuses, les pratiques religieuses chrétiennes assez brutales, le culte de l’apparence au niveau de la société nigériane, le choc culturel entre les mœurs occidentales et les valeurs africaines.
Pour conclure, c’est un court roman qui mérite le détour pour ceux qui seraient intéressés par la littérature du continent africain.