Petit pays

Fiche identité

  • Titre du livre : Petit pays
  • Auteur : Gaël Faye
  • Nombre de pages : 224
  • Édition : Le livre de poche
  • Année de publication : 2016

Résumé

Ce récit est celui de Gaby, métis qui vit au Burundi avec ses parents. Son existence paisible va être bousculée par des événements politiques sans précédent au Rwanda et au Burundi.

 Avis     

Le Burundi est un pays que je n’étais même pas capable de situer sur une carte. Mais après ce roman inoubliable, comment ignorer cet Etat enclavé entre le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo ?
Ce récit, qui selon moi, a des accents autobiographiques tellement il semble authentique, commence par le quotidien de Gaby, métis d’un père français et d’une mère d’origine rwandaise. Il mène une existence confortable à Bujumbura avec ses parents et sa sœur Ana. Le quotidien, ce sont d’abord les relations familiales avec une atmosphère qui se dégrade peu à peu à cause des disputes des parents. Mais ce sont aussi les jeux infinis dans l’impasse avec les copains Gino, Armand et les jumeaux : traîner dans une vieille Volkswagen dans un terrain vague, voler les mangues des voisins, se baigner dans la rivière, lire des romans empruntés chez une vieille voisine grecque, etc.
Mais même dans ce cocon doré entrent insidieusement des bruits politiques qui s’amplifient : dans le pays voisin, au Rwanda, les troubles entre les Tutsis et les Hutus augmentent. Au Burundi, les élections présidentielles vont se tenir, mais est-ce juste un mirage ?
Doucement, l’auteur nous entraîne dans l’escalade de violences qui sévit au Burundi et au Rwanda. Entre génocides rwandais et coups d’Etat militaires, entre familles disloquées et disparues et bruits de balles journaliers, cette enfance heureuse et sans heurts vole en éclats.
En fait, ce récit m’a profondément touché, car il me rappelle le quotidien que vit mon fils, ici à Madagascar, bien qu’il soit encore un enfant. J’ai envie de lui offrir cette vie exotique et différente, mais avec les élections présidentielles qui se profilent à l’horizon, qui sait si ce paradis perdu ne va pas se briser comme au Burundi ?
Son style d’écriture est limpide, doux et poétique. Il sait avec peu de mots évoquer l’atmosphère de ce pays et l’exotisme de l’Afrique. On a envie d’y être pour savourer les mangues juteuses, faire la sieste sous les bougainvilliers et jouer dehors sous le soleil brûlant.
Je vous avoue que j’ai pleuré à la fin de ce récit. Pleuré pour ce gâchis, pleuré pour ces moments heureux disparus à jamais, pleuré pour tous ces destins brisés à cause des ambitions politiques égoïstes.
Bref, un livre qui m’a profondément marqué ! Merci à ce jeune auteur pour cette pépite d’or !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog : Jacaranda

La rivière à l’envers (Tome 1 à 2)

Fiche identité

  • Titre du livre : La rivière à l’envers (Tome 1 à 2)
  • Auteur : Jean-Claude Mourlevat
  • Nombre de pages : 352
  • Édition : Pocket Jeunesse
  • Année de publication : 2000

Résumé

Tomek est l’épicier du village. Un soir, une mystérieuse jeune fille débarque dans son magasin et lui demande s’il vend l’eau de la rivière Qjar, celle qui empêche de mourir. Lui, qui dispose de tout dans son stock ne peut lui fournir ce qu’elle demande. Elle repart mais laisse une impression tellement profonde sur Tomek qu’il décide d’entamer une grande aventure pour la retrouver et l’aider.

 Avis     

C’est la magnifique couverture de ce livre qui m’a tapé dans l’œil. Cette histoire, destinée aux enfants et aux adolescents, raconte les péripéties de Tomek et de Hannah dans leur quête de la source de la rivière Qjar, dont la légende dit qu’elle procure l’immortalité si on la boit.
L’auteur plonge le lecteur dans une ambiance féerique, où on va marcher prudemment dans la forêt de l’Oubli, découvrir les habitants du village des Parfumeurs, être attiré inexorablement vers l’Île inexistante, traverser le désert en compagnie de marchands, grimper prudemment les falaises de la Route du Ciel en diligence, suivre les méandres de la rivière Qjar qui coule à l’envers et gravir la Montagne sacrée pour trouver sa source. Le premier tome se concentre sur les aventures de Tomek tandis que le second tome suit le voyage de Hannah.
Les protagonistes sont deux jeunes enfants courageux et débrouillards, mais un peu naïfs. Heureusement, ils rencontrent sur leur route des personnages bienveillants, prêts à les aider dans leur quête. On peut citer ici quelques uns dont Marie, le capitaine Bastibalagom, Eztergom, Grégoire et Iorim le vieil homme de la diligence, les marchands qui traversent le désert, Podcol le panda, etc.
Mais pourquoi est-ce que je n’ai pas mis le 5ème cœur ? Je trouve que ce récit est quand même trop lisse, trop facile pour ses jeunes protagonistes qui n’ont que douze et treize ans. Il n’y a pas de réelles embûches, ni d’échecs, ni de monstres effrayants. Je m’attendais à un horrible dragon tout en haut de la montagne ou à une épouvantable sorcière si bien que j’étais déçue par la tournure assez plate des événements.
Quoiqu’il en soit, le style d’écriture est doux, fluide et léger. Ce fut un moment de lecture agréable, enchanteur et dépaysant. J’avais l’impression de retrouver mon âme d’enfant, celui qui adorait toutes les histoires remplies d’imaginaire et de féerie. Je suis sûre que ce roman plaira beaucoup aux enfants ! Une lecture que je recommande vivement !