Une reine sans royaume

Fiche identité

  • Titre du livre : Une reine sans royaume
  • Auteur : Hella Feki 
  • Nombre de pages : 192
  • Édition : JC Lattès
  • Année de publication : 2025

Résumé

Cette histoire est celle de la reine Ranavalona III, la dernière reine de Madagascar exilée en Algérie par le gouvernement français pendant la colonisation. 

Avis   

C’est grâce à un membre de ma famille que j’ai découvert ce livre. Il relate, dans un format assez court, la vie de la reine Ranavalona III, dernière reine du royaume de Madagascar, exilée de force à Alger pendant la colonisation. L’auteur se focalise sur un moment précis : son séjour à Tunis en 1907. J’ai bien aimé cette histoire, car j’ai découvert un peu plus cette figure historique, même de façon romancée.
Mais je trouve que l’auteur a survolé beaucoup de points sans entrer en détails. Il n’y en a peut-être pas, et c’est là où le romancier invente, crée, fabule pour remplir le côté historique manquant. Pourquoi et comment a-t-elle été choisie reine ? Ses émotions face à la mort de son premier époux et par rapport à ce second mariage imposé ? Sa relation avec Marius Cazeneuve et le rôle ambigu qu’il a joué à la cour ? Son chagrin face à cet exil définitif ? L’auteur évoque ses points, mais de manière trop brève, trop superficielle, sans entrer en profondeur. Il manque quelque chose qui aurait pu rendre cette histoire palpitante.
Avec tout le respect que j’ai pour cette reine, je doute fort qu’elle soit cette femme féministe et engagée que décrit l’auteur. Elle a peut-être fréquenté des salons qui s’engagent socialement, mais rien dans les faits historiques ne soutient cette hypothèse. Elle n’a pas laissé d’écrit, rien qui puisse appuyer cette idée.
J’ai plutôt l’image d’une reine en exil, faible et facile à manipuler, qui a joui d’une existence confortable.
On découvre aussi les terribles conséquences de la colonisation à l’époque : les guerres pour envahir un pays souverain, les manoeuvres politiques pour asseoir le pouvoir politique, les massacres perpétrés sur la population, etc.
Le style d’écriture est correct, mais ce n’est pas le genre que j’affectionne. Le ton est parfois plat, parfois avec des envolées lyriques qui manquent de spontanéité. Les phrases sont un peu trop travaillées, ce qui ne facilite pas la lecture.
Pour conclure, un livre à découvrir quand même puisqu’il est court. 

L’homme aux cercles bleus

Fiche identité

  • Titre du livre : L’homme aux cercles bleus
  • Auteur : Fred Vargas
  • Nombre de pages : 224
  • Édition : J’ai lu
  • Année de publication : 1991

Résumé

Depuis plusieurs mois, un mystérieux inconnu trace des cercles bleus sur les trottoirs parisiens. Au centre se trouve des objets insolites. Mais un matin, c’est le cadavre d’une femme égorgée que l’on retrouve.
M
uté à Paris, le commissaire Adamsberg va mener l’enquête. 

Avis    

Après avoir délaissé les romans policiers pendant un long moment, je reviens explorer ce genre avec ce premier roman de Fred Vargas.
J’avais quelques craintes infondées, mais dès les premières pages, j’étais happée par cet enquêteur atypique qui est le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Derrière son côté nonchalant, rêveur, lent et lunatique, il cache une âme redoutable, capable de discerner les pires secrets. Sa première enquête parisienne concerne un individu qui trace des cercles bleus dans Paris. Alors que tout le monde prend de manière anodine ce phénomène, lui se méfie de l’attitude de cette personne inconnue. Et il n’a pas tort, car, quelle genre d’âme se cache derrière ce geste atypique ?
On va découvrir des personnages décalés, un peu déjantés, un peu troublants : le commissaire Adamsberg avec son instinct imparable, l’inspecteur Danglard qui préfère se limiter aux faits bruts, Mathilde Forestier, Charles Reyer. On va assister à des dialogues plein d’humour, des scènes assez cocasses. L’enquête piétine, mais Adamsberg (un peu comme Hercule Poirot) arrive à résoudre le mystère comme un magicien qui sort un lapin de son chapeau magique. Ce procédé ne me dérange pas trop, mais j’espère qu’à l’avenir, le lecteur sera un peu plus impliqué.
Le style d’écriture est fluide, agréable avec un vocabulaire riche et intéressant. Il y a quelques longueurs, quelques passages qui traînent un peu, mais l’ensemble reste plaisant.
En tout cas, ce fut une belle découverte qui m’a donné envie de continuer cette série.