Princesse Bari

Fiche identité

  • Titre du livre: Princesse Bari
  • Auteur: Sok-yong Hwang
  • Nombre de pages: 250
  • Édition: Philippe Picquier

Résumé

Bari, ainsi prénommée car elle a été abandonné à sa naissance par sa mère, est la septième fille d’une famille coréenne. Son existence est une succession de fuites, de pertes et d’exil d’abord en Corée, ensuite en Chine et  enfin à Londres.

Avis    

C’est le second roman que je lis de cet auteur. Je suis partagée en écrivant mon opinion car j’ai aimé cette histoire dans son ensemble hormis les passages fantastiques et la fin abrupt.
Je n’ai pas compris pourquoi le livre s’arrêtait aussi brusquement. Cela m’a fait l’effet d’une claque d’être soudainement propulsée à la dernière page sans aucune explication ni réponse ni suite.
Bari, la narratrice, nous raconte ses conditions de vie difficiles. D’abord parce qu’elle est la septième fille qui naît dans la famille, sa mère tente de l’abandonner ce qui explique son prénom, issu d’une légende de princesse coréenne (que je me suis empressée de découvrir en parallèle).
Il est question ici de plusieurs sujets: une enfance douce au sein d’une grande fratrie qui se termine brusquement à cause de poursuites politiques, la grande famine qui a pesé sur la Corée, entraînant le décès de plusieurs milliers de personnes, l’exil en Chine  puis à Londres avec son lot de malheurs, de pertes et d’exploitation humaine par les passeurs.
Je frémis face à toutes les épreuves que cette héroïne a endurées qui représente ce que vivent encore plusieurs milliers de personnes exilées, exploitées et séparées de leur famille à jamais.
Décrit ainsi, ce livre semble triste mais en réalité, l’auteur arrive à lui insuffler un ton positif, et serein. Il y a une forme de résilience qui donne du courage dans ses lignes, un apprentissage dure de la vie mais sans jamais abandonner ni se décourager.
Comme je le disais plus haut, certains passages frôlent le fantastique : Bari est douée du don de voyance et sur plusieurs chapitres, le récit bascule dans un autre monde où elle va combattre des démons, affronter des éléments surnaturels et retrouver quelques proches décédées. C’est assez déstabilisant et pour être honnête, je n’ai pas compris toute la symbolique cachée dans ces passages.
Le style d’écriture est léger, agréable et poétique mais très doux. Je pense que c’est un bon livre mais qui n’est pas forcément accessible au premier abord à cause de l’enchevêtrement entre rêves et réalité.

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Shim Chong, fille vendue

Si le rôle de la mer est de faire des vagues

Fiche identité

  • Titre du livre: Si le rôle de la mer est de faire des vagues
  • Auteur: Yeon-su Kim
  • Nombre de pages: 288
  • Édition: Editions Philippe Picquier

Résumé

Camilla Portman, d’origine coréenne, est adoptée par un couple d’Américains peu après sa naissance. Lorsqu’elle reçoit vingt-six cartons qui contiennent toute sous enfance, dont une photo d’elle bébé dans les bras de sa mère biologique, elle part à la quête de son passé.

 Avis     

De plus en plus, j’essaie de diversifier les lectures sur ce blog et de découvrir des livres venus de tout horizon. Après quelques hésitations, j’embarque sur ce roman issu de  la littérature coréenne. Mon avis reste mitigé.
Cette histoire démarre pourtant très bien. La première partie se focalise sur Camilla, une enfant adoptée à la recherche de son passé. L’auteur distille savamment le suspense si bien qu’on est suspendu à chaque page : au fur et à mesure, on découvre avec elle certains secrets enfouis concernant sa famille biologique. A travers Camilla, l’auteur nous partage la douleur éprouvée par un enfant abandonné. Ils sont, pour la plupart à mon avis, des écorchés vifs, hantés par tellement de questions, auxquels souvent n’existe aucune réponse : pourquoi cet abandon ? N’était-il pas assez bien?
Mais ensuite le récit se divise en deux autres parties, beaucoup plus floues et plus mystérieuses. Nous quittons le point de vue de Camilla pour suivre d’autres protagonistes. Le personnage qui prend la parole dans la seconde partie est-elle sa mère, ou en même temps Camilla, comme deux vies parallèles qui se superposent et se rejoignent enfin ?
La dernière partie est la moins intéressante car ce sont les camarades de classe. Les noms sont plus ou moins semblables donc c’était difficile pour moi de les différencier.
C’est un livre qui mélange le passé et le présent, les souvenirs avec un ton délicat, doux et poétique. Cette histoire laisse un arrière-goût amer, une impression d’inachevée. J’aurai aimé que Camilla reste la narratrice principale. Je termine quand même par cette belle phrase, début du titre : « si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle est de penser à toi ».