Si le rôle de la mer est de faire des vagues

Fiche identité

  • Titre du livre: Si le rôle de la mer est de faire des vagues
  • Auteur: Yeon-su Kim
  • Nombre de pages: 288
  • Édition: Editions Philippe Picquier

Résumé

Camilla Portman, d’origine coréenne, est adoptée par un couple d’Américains peu après sa naissance. Lorsqu’elle reçoit vingt-six cartons qui contiennent toute sous enfance, dont une photo d’elle bébé dans les bras de sa mère biologique, elle part à la quête de son passé.

 Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

De plus en plus, j’essaie de diversifier les lectures sur ce blog et de découvrir des livres venus de tout horizon. Après quelques hésitations, j’embarque sur ce roman issu de  la littérature coréenne. Mon avis reste mitigé.
Cette histoire démarre pourtant très bien. La première partie se focalise sur Camilla, une enfant adoptée à la recherche de son passé. L’auteur distille savamment le suspense si bien qu’on est suspendu à chaque page : au fur et à mesure, on découvre avec elle certains secrets enfouis concernant sa famille biologique. A travers Camilla, l’auteur nous partage la douleur éprouvée par un enfant abandonné. Ils sont, pour la plupart à mon avis, des écorchés vifs, hantés par tellement de questions, auxquels souvent n’existe aucune réponse : pourquoi cet abandon ? N’était-il pas assez bien?
Mais ensuite le récit se divise en deux autres parties, beaucoup plus floues et plus mystérieuses. Nous quittons le point de vue de Camilla pour suivre d’autres protagonistes. Le personnage qui prend la parole dans la seconde partie est-elle sa mère, ou en même temps Camilla, comme deux vies parallèles qui se superposent et se rejoignent enfin ?
La dernière partie est la moins intéressante car ce sont les camarades de classe. Les noms sont plus ou moins semblables donc c’était difficile pour moi de les différencier.
C’est un livre qui mélange le passé et le présent, les souvenirs avec un ton délicat, doux et poétique. Cette histoire laisse un arrière-goût amer, une impression d’inachevée. J’aurai aimé que Camilla reste la narratrice principale. Je termine quand même par cette belle phrase, début du titre : « si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle est de penser à toi ».

Shim Chong, fille vendue

Fiche identité

  • Titre du livre: Shim Chong, fille vendue
  • Auteur: Sok-yong Hwang
  • Nombre de pages: 576
  • Édition: Points

Résumé

A l’âge de quinze ans, Shim Chong est vendu par sa belle-mère à des trafiquants chinois.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

Ce roman est un petit bijou que j’ai pris par hasard, dans le but de m’ouvrir à d’autres types de littérature. Ce fut un choix heureux et me voici en train de vous présenter ce coup de cœur.
D’emblée, je vous annonce une histoire difficile,  triste et qui fend le cœur. Vendue pour quelques derniers par sa belle-mère, Shim Chong perd son identité pour n’être qu’un jouet sexuel aux mains des hommes soit en tant que concubine d’un vieillard soit en tant que prostituée dans des maisons closes ou des bordels. Certains passages sont assez brutaux et crus, mais comment décrire autrement la triste réalité de ces femmes?
Shim Chong est une femme attachante, qui sait s’adapter tant bien que mal à ce milieu sordide où elle vit.  Elle est intelligente et vive et sait louvoyer pour tirer son épingle du jeu. Ici, pas d’états d’âmes ni de sensibilité, il faut tenter de survivre, racheter si possible sa vie en remboursant ses « dettes » à son exploitant ; avoir une bonne dose de chance pour échapper aux maladies et à une grossesse.
Il y a aussi un aspect géopolitique très intéressant dans ce livre et que je ne connaissais pas bien. On découvre toute la politique de l’Asie du Sud-Est au XIXème siècle : le conflit autour de l’opium, le trafic florissant d’être humains notamment de femmes et d’enfants, l’arrivée progressive des Occidentaux en Chine et au Japon et leur impact etc. Cela m’a donné envie de découvrir plus sur cette époque !
Enfin, parlons du style d’écriture qui est très doux, fluide, limpide et agréable à lire. On est rapidement immergée dans le contexte historique, dans la vie de Shim Chong et le livre se déroule sous nos yeux comme un film. L’auteur utilise un ton réaliste, sans sombrer dans le pathétique. Sincèrement, c’est beau, ça ressemble à nos grands classiques, un chef-d’œuvre magnifique !
Pour finir, que dire de plus à part que je vous recommande vivement cette lecture !