Poil de carotte

Fiche identité

  • Titre du livre: Poil de carotte
  • Auteur: Jules Renard
  • Nombre de pages: 125
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

Poil de carotte est le fils cadet de la famille Lepic. Mal aimé par sa mère, il nous raconte des bribes de son enfance.

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Chaque chapitre, présenté sous forme d’anecdotes ou de courtes scènes, raconte des souvenirs d’enfance. La figure de la mère est omniprésente : réprimandes, coups avec une intensité plus ou moins variables selon son degré d’humeur, de multiples corvées qui lui incombent notamment sortir la nuit fermer le poulailler ou achever les bêtes ramener de la chasse par son père (l’horreur suprême !), des humiliations constantes comme l’enfermer dans sa chambre la nuit sans pot pour faire ses besoins ou carrément lui faire boire son urine lorsqu’il a malencontreusement sali les draps.
Ce livre m’a fendu le cœur. Depuis que j’ai mon petit bout d’homme dans ma vie, je suis devenue plus sensible à tout ce qui touche à la maltraitance envers les enfants. Je ne peux pas concevoir pourquoi une mère peut se montrer aussi cruelle, sadique et méchante envers son propre enfant. Qu’est-ce qui peut expliquer ce comportement ? Est-ce parce que c’est un enfant non désiré ou bien est-ce que son physique ingrat rebute cette femme ? Cette histoire me rappelle un peu celle de Hervé Bazin dans Vipère au poing.
Pour se protéger, et parce qu’il ne peut reproduire que ce qu’il connaît, Poil de Carotte devient aussi agressif, mesquin, menteur, violent et jaloux. De souffre-douleur familial, il finit par être cruel envers ses semblables et même avec les animaux, forme d’exécutoire peut-être face à toute cette haine et ce sadisme quotidien ?
Le style d’écriture est léger, doux et fluide. Malgré l’aspect tragique et malheureux de ce récit, l’auteur ne sombre pas dans le pathétique ni la colère. Au contraire, il jette un regard teinté d’ironie et d’humour. Le roman se lit très vite et convient aux adultes comme aux adolescents. Ces derniers risquent d’être touchés par toutes ces injustices, donc à mon avis, c’est bien s’ils peuvent échanger avec un adulte sur leurs impressions après cette lecture.
A lire ? Pourquoi pas ?

Le fantôme de la rue Royale

Fiche identité

  • Titre du livre: Le fantôme de la rue Royale
  • Auteur: Jean-François Parot
  • Nombre de pages: 352
  • Édition: 10 x 18

Résumé

Lors des célébrations des noces du dauphin de France, un feu d’artifice sur la place Louis XV dégénère, causant plusieurs dégâts humains et matériels. Parmi les victimes de cet accident se trouve une jeune femme qui présente des symptômes différents à savoir des traces de strangulation. Intrigué, Nicolas le Floch va mener l’enquête sur cet assassinat habilement masqué.

Avis     Coeur-blogCoeur-blog     

C’est la troisième enquête de Nicolas le Floch que je le lis. Au fur et à mesure que j’avance dans cette série d’enquêtes, je suis de plus en plus déçue. Certes, on suit l’évolution de Nicolas le Floch qui passe de simple commissaire à quasiment homme de confiance de M. de Sartine, le lieutenant général de police. Il a maintenant ses entrées à Versailles et a même rencontré le roi plusieurs fois.
Mais cette enquête est à périr d’ennui. Les évènements se déroulent avec une lenteur exaspérante sans aucun dynamisme. C’est mou ! On s’assoupirait presque en lisant ce roman ! Pourtant, pour mettre un peu de piment, l’auteur fait intervenir des éléments surnaturels et mystiques dans le Paris du XVIIIème siècle.
Voici l’élément qui m’a le plus agacé : Nicolas le Floch démontre la réalisation du crime à travers des hypothèses sans réel fondement dans un jury à huis-clos. A notre époque, ce genre de déclaration farfelue sans preuves réelles et concrètes se solderait par un non-lieu immédiat. Ici, parce qu’il est le chouchou de M. de Sartine, on le laisse faire à sa guise et tant pis pour les procédures légales  et la présomption d’innocence !
Le style d’écriture est lourd, peu fluide avec parfois un ton vieillot et guindé. Heureusement, les bons petits plats qui donnent l’eau à la bouche ainsi que les détails croustillants sur les modes de vies parisiens de l’époque sauvent cette enquête.
Pour conclure, un livre qui m’a déçue ! J’hésite à continuer cette série !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: L’énigme des Blancs-Manteaux – L’homme au ventre de plomb