Un fils en or

Fiche identité

  • Titre du livre: Un fils en or
  • Auteur: Shilpi Somaya Gowda
  • Nombre de pages: 544
  • Édition: Folio

Résumé

Anil Patel est le fils aîné d’une famille de propriétaires terriens en Inde. Grâce à son assiduité dans les études, il réussit à partir aux Etats-Unis pour étudier la médecine dans un hôpital de Dallas.
Quant à Leena, sa voisine et amie proche, ses parents lui organisent un mariage arrangé. Ce roman raconte le destin croisé  de ces deux personnages.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

Ce livre est une belle histoire à propos de la société contemporaine indienne. Il nous montre à quel point la  pression sociale est forte en Inde, surtout celle exercée par les parents sur leurs enfants.
L’auteur évoque l’expérience de  l’immigration et de l’exil. Anil, parce qu’il est le fils aîné sur qui se fonde tous les espoirs de la famille, part étudier la médecine aux Etats-Unis. Mais est-ce vraiment son rêve et son choix ? Son père l’a poussé dans cette voie depuis sa plus tendre enfance et lui n’a jamais douté de cette vocation.  Arrivé là-bas, plein d’espoirs et de rêves, il fait face à plusieurs difficultés : le rythme à l’hôpital est ardu, les différences culturelles sont fortes et il peine à s’adapter à ce monde nouveau. Anil a du mal à trouver sa place, que ce soit chez sa famille en Inde ou dans son pays d’accueil. Finalement il n’appartient ni à l’un ni à l’autre mais tente de concilier difficilement ces deux cultures diamétralement opposées. Je me suis sentie proche de lui car j’ai plus ou moins vécu ce type d’expérience et cette sensation d’exil permanent est troublante.
A travers ce roman, l’auteur dénonce également les conditions des femmes en Inde. Leena, parce que c’est une fille, doit être mariée. Pourquoi ? C’est une habitude culturelle donc ces parents ont arrangé son mariage en payant une dot conséquente.  Elle n’aura croisé son époux qu’une fois avant leurs noces. Mais, elle sera victime de violences conjugales. Fuir est une option peu envisageable car elle risque d’entraîner le déshonneur sur sa famille. Sa situation est révoltante et écœurante ! Combien de femmes subissent encore ce type de traitement de nos jours ? C’est honteux !
A travers ce livre, on découvre aussi les us et coutumes de la société indienne comme l’arbitrage qui est une forme de justice populaire dans les villages éloignés,  les bons plats indiens qui donnent l’eau à la bouche, les modes de vie dans les campagnes qui sont régis par le système des castes et des richesses.
Le style d’écriture est agréable, doux et fluide. Malgré des passages assez durs, l’auteur ne sombre  pas dans le pathétique mais adopte un ton sensible et mesuré. Dès les premiers chapitres, nous sommes rapidement dans l’ambiance et comme un voyageur, nous naviguons au gré des chapitres entre l’Inde et le Texas. Les personnages sont attachants. On tremble pour eux, on les comprend et on a envie d’entrer dans le livre pour les aider de toutes nos forces.
Pour conclure, je recommande absolument ce roman aux amoureux de l’Inde, aux lecteurs en quête d’une histoire sensible et réaliste!

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: La fille secrète

Mãn

Fiche identité

  • Titre du livre: Mãn
  • Auteur: Kim Thuy
  • Nombre de pages: 143
  • Édition: Liana Levi

Résumé

C’est le récit d’une Vietnamienne, arrivé au Québec grâce à un mariage arrangé.

Avis     Coeur-blogCoeur-blog     

Avant toute chose, je vous souhaite à tous une très bonne année 2015. Bien que ce blog n’ait pas bougé depuis dix jours, il continue d’exister. Cette année, je projette de lire des ouvrages beaucoup plus denses, donc ne soyez pas étonné s’il est moins mis à jour. En tout cas, merci pour vos visites et pour vos gentils commentaires !

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Je commence l’année 2015 avec un avis mitigé : comme l’indique le résumé, il s’agit d’un récit de Mãn, une immigrée mariée à un restaurateur vietnamien installé au Québec.
Chaque chapitre commence par un mot vietnamien, suivi de la traduction française. Mais ils sont très courts et  on pourrait même dire qu’il s’agit de paragraphes. Elle y décrit des impressions fugaces du Vietnam, des images qui se sont gravés dans sa tête avant son départ, des souvenirs de sa famille ou des traditions du pays. Il y a aussi des parties sur sa vie quotidienne: la cuisine dans le petit restaurant qu’ils tiennent à deux, les relations qu’elle entretient avec son époux, ses enfants et la communauté vietnamienne, son amitié avec Julie et sa rencontre avec Luc, un cuisinier français.
Tout est mélangé et souvent décousu. On passe d’un chapitre à l’autre sans qu’il y ait de lien entre les deux. Je n’aime pas ce genre de schéma à cause de son côté pêle-mêle, qui entraîne des difficultés à s’y retrouver. Je trouve également que l’intrigue est insipide et bien maigre, avec un côté naïf et fleur bleue agaçant.  La fin est conventionnelle et peu surprenante. Dommage !
Le style d’écriture est simple mais pas aussi poétique que je m’y attendais. Il est plein de pudeur et doux. En tout cas, les plats vietnamiens décrits m’ont donné l’eau à la bouche et ce fut surtout un voyage gastronomique-littéraire.
C’est une histoire simple qui ne laissera pas d’impression durable dans mon esprit mais qui pourrait plaire à d’autres lecteurs moins exigeants. Comme je le dis toujours, un livre est une question de feeling, et ce n’est pas passé ce coup-ci. Ça aurait pu passer à un autre moment.
A lire ? Pourquoi pas ?