Automobile club d’Egypte

Fiche identité

  • Titre du livre: Automobile club d’Egypte
  • Auteur: Alaa El Aswany
  • Nombre de pages: 637
  • Édition: Actes Sud

Résumé

L’Automobile club d’Egypte est le lieu central de cette intrigue, où va travailler Abdelaziz Hamam, un noble ruiné qui s’installe au Caire. A travers le vécu de ces quatre enfants, nous allons découvrir une chronique de l’Egypte des années 1940, au moment du règne du roi Farouk.

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Alors que le quotidien est morose, qu’aucun répit ne s’offre à l’horizon, plonger dans ce roman coloré, riche et plein d’entrain m’a permis de m’évader le soir, lorsque le sommeil fuyait tellement je suis submergée d’angoisse.
Ce livre est un roman polyphonique où interviennent plusieurs narrateurs, soit à la première personne, soit à la troisième personne. L’histoire prend deux directions, tout en restant imbriquées l’une dans l’autre.
D’abord, il s’agit de celle de la famille d’Abdelaziz Hamam, fraîchement arrivée au Caire. Les quatre enfants auront chacun un parcours différent que nous découvrirons au fur et à mesure des pages : Saïd, l’aîné égoïste et individualiste ; Kamel jeune étudiant plein de patriotisme ; Saliha dévouée, studieuse et naïve ; Mahmoud paresseux mais amoureux des plaisirs en tout genre. Autour d’eux gravitent une multitude de personnages comme Oum Saïd leur mère, Mitsy, Abdoune, Aïcha la voisine, M. Wright, les salariés de l’Automobile club d’Egypte, le prince Chamel, Faouzi etc. Pendant un long moment, ces personnages ont fait partie de mon quotidien, comme de vieilles connaissances, souvent drôles, attachants et tellement vivants.
Puis, il y a la vie dans l’Automobile club d’Egypte, un microcosme où se côtoie les aristocrates anglais qui occupaient l’Egypte à cette époque ; le roi qui y joue toute la nuit accompagnée de sa cour, les serviteurs noirs sous le joug d’El-Kwo, le chambellan du roi, un être tyrannique, odieux et malfaisant.
C’est un livre où on découvre la culture égyptienne, où on respire l’odeur des bons petits plats locaux, où on déambule dans les quartiers du Caire, où on dîne les salons feutrés de l’Automobile club, où on entre dans l’intimité familiale. Mais c’est aussi un roman de société qui dénonce les conditions sociales, le racisme ambiant, les inégalités sociales flagrantes entre les Egyptiens et les Anglais, le rôle subtil des femmes dans les foyers, la crise politique latente qui couve en Egypte accentuée par les frasques du roi, l’occupation anglaise avec son lot de mépris et de condescendance.
Le style d’écriture est agréable, limpide et léger. Le roman se lit quasiment d’une traite. Je n’ai pas mis le 5ème cœur car j’ai trouvé la fin totalement bâclée par rapport au contenu. L’auteur finit abruptement cette histoire sans même préparer le terrain. C’est comme s’il n’avait plus d’inspiration et qu’il décidait tout à coup de terminer ce récit avec une pirouette. J’aurai aimé que l’auteur continue cette histoire, qu’il passe même à la seconde génération jusqu’à la révolution égyptienne.
Pour conclure, ne tenez pas compte de cette couverture peu attirante et allez à la découverte de ce beau roman !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: L’immeuble Yacoubian

L’enfant unique

Fiche identité

  • Titre du livre: L’enfant unique
  • Auteur: Xinran
  • Nombre de pages: 440
  • Édition: Philippe Picquier

Résumé

A travers dix chapitres, nous avons une description de quelques enfants issus de la première génération d’enfant unique, politique natale imposée par le gouvernement chinois à partir des années 1970.

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Les gens qui me suivent régulièrement sur ce blog vont me rétorquer : encore un livre sur les enfants ! C’est vrai que depuis l’arrivée de mon petit bout d’homme, je suis devenue attachée à ce type de sujet, peut-être une façon inconsciente d’appréhender cette formidable aventure qu’est la maternité.
Si le début de ce livre est prometteur, je me suis lassée au fur et à mesure des pages, ce qui explique cette note moyenne, presque passable. J’ai l’impression que les scénarios sont toujours les mêmes : il s’agit essentiellement de jeunes adultes chinois issus de famille favorisées qui ont été envoyés à l’étranger pour terminer leurs études. Ces «petits empereurs/impératrices », prunelles des yeux de leurs parents n’ont jamais été confrontés à la réalité quotidienne (corvées ménagères basiques comme éplucher des légumes ou ranger ses affaires dans un placard, commande d’un menu au restaurant, ménage etc.), cantonnés qu’ils étaient dans leurs études et leur bulle dorée. Au lieu d’être des adultes autonomes, ce sont de véritables assistés, souvent égoïstes et matérialistes, qui manquent d’empathie. Pour Xinran, cette politique familiale a modifié le visage social et démographique de la Chine qui est devenue une nation corrompue, individualiste et sans bienveillance.
L’éducation chinoise est un système oppressant et culpabilisant où la satisfaction des parents est prépondérante. Si l’honneur ne rejaillit pas sur la famille, si « on perd la face », si les désirs des parents ne sont pas comblés, l’enfant subit une pression très forte qui annihile sa personnalité et ses propres envies. La plupart du temps, il se plie aux règles sociales au détriment de son bien-être. En annexe, vous trouverez un traité de l’éducation morale d’antan, le Dizigui, qui reflète en partie cette culture.
Je n’ai pas aimé le ton moralisateur et donneur de leçons qu’elle utilise. L’auteur se met trop en avant, distille des leçons de sociologie sur la place de la Chine dans l’économie mondiale et déplore le manque d’intérêt que les Occidentaux ont envers son pays. Lorsqu’elle écrit que le Tibet est une province chinoise, j’ai bondi au plafond!
Le style d’écriture est globalement correct, simple malgré des passages assez didactiques et moins fluides. On a plus l’impression de lire un documentaire qu’un témoignage intime de jeunes adultes. L’auteur parle pour eux, au lieu de leur laisser la place. Il manque plus de sensibilité et d’émotion, qui aurait pu rendre ce livre plus attachant.
Bon, une lecture que je recommande aux personnes intéressées par la société chinoise !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: ChinoisesFunérailles célestes