Tout ce qu’on ne s’est jamais dit

Fiche identité

  • Titre du livre: Tout ce qu’on ne s’est jamais dit
  • Auteur: Celeste Ng
  • Nombre de pages: 288
  • Édition: Pocket

Résumé

A seize ans, Lydia Lee, enfant modèle de la famille, est morte. Est-ce un accident, un meurtre ou un suicide ?

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J’ai découvert ce roman grâce à un site anglais. Ce fut un hasard heureux car j’ai pris beaucoup de plaisir dans cette lecture.
La disparition de Lydia est le catalyseur qui va faire émerger les secrets de la famille. L’auteur va disséquer la personnalité de chaque protagoniste. Au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture, on reconstruit les pièces du puzzle qui pourraient expliquer son décès.
Le père de Lydia, James, est d’origine chinoise tout en étant complètement américain car il est né et a toujours vécu aux Etats-Unis. Il vit mal cette différence : son plus profond désir est d’être reconnu comme un vrai américain et non plus comme un étranger, d’être accepté au sein de son propre pays et de ne plus subir le regard inquisiteur des autres. C’est un personnage frustré et complexé qui souhaite que ses enfants s’intègrent bien, « soient comme les autres »…
Sa mère, Marylin, une « vraie » américaine, souhaite être différente : brillante étudiante qui rêvait de faire médecine, tous ses projets s’écroulent après sa grossesse.  Devenue femme au foyer à son grand désespoir car elle suit les traces de sa propre mère, elle transfère sur Lydia toutes ses ambitions.
A travers ce roman, nous découvrons beaucoup de choses notamment les liens parfois empoisonnés qui existent dans les familles : lorsque les parents se projettent trop sur leurs enfants, ils les étouffent et les annihilent. Quand un enfant semble être le préféré au détriment des autres, c’est aussi une autre douleur pour eux. On fait face également au racisme ordinaire qui blesse et détruit : les difficultés d’adaptation auxquelles font face un étranger, un mariage mixte qui est la cible de tous les regards et de toutes les critiques, des enfants métis qui peinent à trouver leur place et sont bien souvent stigmatisés à cause de leur différence etc.
Le style d’écriture est limpide, clair et agréable. L’auteur a un ton juste, avec une analyse fine, réaliste et pleine de compassion comme si elle avait vécu elle-même certaines choses. La construction du roman ne laisse pas de place à l’ennui. Malgré leurs défauts, les personnages sont attachants et on les pardonne.
C’est un roman intéressant et captivant que je vous recommande vivement !

Epouses et concubines

Fiche identité

  • Titre du livre: Epouses et concubines
  • Auteur: Su Tong
  • Nombre de pages: 125
  • Édition: Le livre de poche

Résumé

A l’âge de dix-neuf ans, suite à la ruine de sa famille, la belle Songlian devient la quatrième épouse du vieux Chen Zuoqian.

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J’avance doucement dans la découverte de la littérature chinoise contemporaine. De plus en plus d’éditeurs commencent à publier ces romans, ce qui donne un large choix pour les lecteurs avides de nouvelles sensations.
Ce livre décrit les conditions de vie des femmes chinoises dans les années 20. Pour échapper à la misère ou pour avoir une situation sociale acceptable, les femmes se réfugient dans le mariage. A cette époque, la polygamie est tolérée donc elles sont plusieurs à partager le même époux. Mais quitter la pauvreté pour ce système est-il une solution bien enviable ?
Nous allons découvrir les rivalités entre épouses, prêtes à tout pour garder leur influence sur le mari. Tous les coups sont permis, pourvu qu’elles restent dans la course. Les enfants vivent aussi dans cette ambiance tendue et participent à leur manière à cette guerre de pouvoir. Les personnages sont bien décrits et bien travaillés par l’auteur. Il n’y a pas ici de caricature mais des protagonistes complexes, redoutables, fourbes et cruels mais paradoxalement tellement humains. N’aurions-nous pas fait la même chose à leur place, tellement elles sont acculées ? Enfermées dans cette maison et en proie à une solitude quotidienne, ne leur reste-t-il plus que la méchanceté dans le cœur ?
On découvre aussi brièvement le traitement ignoble des domestiques, soumises aux sautes humeurs de leurs maîtresses.
La place du mari est aussi ambiguë : on ne sait pas très bien s’il est soumis à ces jeux de pouvoirs ou s’il s’en délecte. En tout cas, il reste le seul qui a le dernier mort et qui a le droit de vie et de mort sur toutes ses épouses quand cela lui chante.
En tout cas, le style d’écriture est agréable, fluide et précis. L’auteur ne sombre pas dans le pathétique mais reste dans un ton sobre et réaliste. 
A découvrir pour les amateurs de littérature chinoise !