Konbini

Fiche identité

  • Titre du livre: Konbini
  • Auteur: Sayaka Murata 
  • Nombre de pages: 144
  • Édition: Folio

Résumé

Depuis sa plus tendre enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. A trente-six ans, elle vit seule et occupe toujours son emploi à mi-temps dans un konbini – une supérette ouverte 24h sur 24H – depuis qu’elle est étudiante. Son comportement suscite les critiques de son entourage.

 

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

Ca y est je crois que j’ai enfin trouvé des livres qui me plaisent dans la littérature japonaise, à moins que je saisisse mieux sa subtilité.
Ce livre raconte le quotidien de Keiko qui travaille dans une supérette depuis ses études. Ce travail lui plaît et elle y trouve son bonheur. Mais son entourage n’accepte pas ce choix et lui met la pression pour qu’elle se plie aux normes sociales c’est-à-dire être mariée, avoir des enfants et mener une vraie carrière au lieu de végéter dans cette boutique depuis plusieurs années.
Cette histoire met le doigt sur les souffrances que peut vivre une personne différente ou qui a fait des choix qui ne correspondent pas aux attentes des autres. Parce qu’elle n’entre pas dans le moule social de la société japonaise, Keiko est le mouton noir. Tout le monde a son avis à donner et souhaite régenter sa vie, donc que ne ferait-elle pas pour acheter la tranquillité ? Mais vit-on sa vie pour faire plaisir aux autres ?
Ce récit est un court, avec un ton assez froid et distant. Ce style d’écriture reflète la personnalité du personnage principal.
C’est un roman que je recommande aux amoureux de la littérature japonaise et à ceux qui souhaiteraient découvrir ce genre !

Photo de groupe autour du fleuve

Fiche identité

  • Titre du livre: Photo de groupe au bord du fleuve
  • Auteur: Emmanuel Dongala
  • Nombre de pages: 446
  • Édition: Actes Sud

Résumé

Cette histoire raconte le combat de femmes, casseuses de pierres sur un chantier. Lorsqu’elles  apprennent que la construction d’un nouvel aéroport fait augmenter le prix du gravier, elles décident de vendre désormais leurs sacs à vingt mille francs l’unité au lieu des dix milles francs.  Mais ces revendications vont être réprimées et elles devront se battre pour asseoir leurs droits.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

C’est en déambulant au hasard sur quelques listes de lecture de Babelio que je suis tombé sur ce roman écrit par un auteur africain. Intriguée par le résumé et encouragée par les critiques élogieuses, me voilà lancé dans cette lecture.
Ce récit, au-delà, du combat que mènent ces quinze femmes pour obtenir un meilleur prix pour leurs sacs de pierre, reflète les conditions de vie des femmes africaines. Dans ce récit, la plupart sont des femmes seules – veuves, célibataires ou séparées de leur mari – qui luttent au quotidien pour subsister, pour nourrir tant bien que mal leurs enfants et payer les charges fixes du quotidien. La plupart de ces femmes ont vécues une mauvaise expérience avec un homme : l’infidélité, les violences conjugales, la belle-famille qui les a spolié de tous leurs biens au décès de ce dernier, la famille qui marie une enfant à un vieillard, le viol lors des guerres civiles etc.
Leur revendication est légitime mais comment lutter contre les forces de l’ordre, prêtes à réprimer coûte que coûte ces demandes ? Comment faire entendre sa voix lorsqu’on est une femme dans un pays qui ne les accorde que très peu de considération ? Comment lutter contre la corruption et la politique gangrénée, prête à tout pour sauvegarder les apparences à l’approche d’une réunion de chefs d’Etat ?
Ce livre est criant de vérité, d’autant plus que maintenant je vis dans un pays en voie de développement. La réalité est telle que la décrit l’auteur, sans entrer ni dans le pathétique ni dans l’exagération. Il dénonce la pauvreté, la misère, les hôpitaux laissés à l’abandon, les inégalités flagrantes de richesse et de conditions sociales, la corruption, les conditions des femmes etc.
Je n’ai pas mis le cinquième cœur car le style d’écriture est déroutant. L’auteur utilise la 2ème personne du singulier, ce qui crée une forte distance avec le lecteur : malgré le caractère courageux de l’héroïne, je n’ai pas pu m’attacher plus à elle et je l’impute au style employé. La fin est assez naïve quand même et laisse des zones d’ombre.
C’est un très bon ouvrage qui dénonce les problèmes de l’Afrique contemporaine !