Marx et la poupée

Fiche identité

  • Titre du livre: Marx et la poupée
  • Auteur: Maryam Madjidi
  • Nombre de pages: 220
  • Édition: J’ai lu

Résumé

L’auteur, à travers ce récit autobiographique, nous raconte ses souvenirs d’enfance en Iran et son exil en France.

 Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

C’est toujours grâce à des lecteurs de Babelio que j’ai découvert ce livre très émouvant. Merci à eux pour leur enthousiasme et leur partage !
Cette histoire mêle plusieurs bribes de souvenirs : ceux de son enfance jusqu’à l’âge de six ans en Iran, puis ceux de son arrivée en France et de son adaptation à ce nouveau pays.
L’Iran, c’est le pays où ses parents révolutionnaires, militants communistes convaincus, essaient de mener leur combat idéologique au détriment de leur sécurité.  L’Iran, c’est aussi se sentir entourée et aimée par la famille élargie, que ce soit la grand-mère douce et aimante, l’oncle Saman ou les innombrables cousins/cousines.
La France, c’est le pays où elle débarque avec sa mère. C’est le pays de l’exil, de la séparation et de la douleur. Ce choc culturel, surtout pour un enfant qui n’a pas été préparé à un départ aussi soudain, la plonge dans l’incompréhension, le déni et la colère. Tout est si différent : la langue, la nourriture, la culture, la solitude. Elle finit par rejeter sa langue maternelle pour tenter d’intégrer tant bien que mal ce nouveau pays d’accueil. Comment concilier ces deux cultures et ces deux identités qui semblent si opposées mais qui ensemble ferait le plus beau des mélanges ?
Ce récit, raconté avec beaucoup de douceur, de tendresse, de sensibilité, de poésie et d’authenticité, a fait vibrer mon cœur. Les thèmes liés à l’exil et à l’immigration ont le don de me toucher car j’ai vécu cette douloureuse (mais enrichissante) expérience il y a quelques années de cela. J’ai ressenti avec beaucoup d’émotion ce qu’elle l’a vécu et ce qu’elle continue à vivre, un peu comme si elle parlait à tous ces millions d’exilés (volontaires ou non), loin de leurs pays et de leurs racines.
L’auteur évoque aussi, de manière voilée, les conditions sociales à Téhéran, une capitale partagée entre modernités et mœurs excessives entre les murs contre l’hypocrisie et la répression religieuse dehors.
Je vous recommande cette lecture, encore un diamant brut trouvé sur ma route de lecteur !

Ursule Mirouët

Fiche identité

  • Titre du livre: Ursule Mirouët
  • Auteur: Honoré de Balzac
  • Nombre de pages: 416
  • Édition: Gallimard

Résumé

Le Dr. Minoret décide de prendre soin d’une jeune orpheline qu’il prénomme Ursule en souvenir de sa femme défunte. Mais cette affection suscite la jalousie des proches de ce vieil homme car il est réputé pour avoir une fortune colossale.

 Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog

Lire l’intégralité de la Comédie humaine me paraît impossible (il me faudrait deux ou trois vies supplémentaires si je l’intègre dans mes projets littéraires) mais j’aime de temps en temps piocher un Balzac.
L’histoire commence de manière banale : le Dr. Joseph Minoret adopte une orpheline, parente éloignée. Cet acte généreux passerait inaperçu si ce n’est que ce vieil homme est doté d’une fortune colossale, qui suscite la convoitise de tous ces proches parents.
Ce livre décrit avec une ironie incisive toutes les manigances, les espoirs et les calculs suscités par cette fortune. Les potentiels héritiers en deviennent presque fous à l’idée de perdre cet héritage au profit d’Ursule, la pupille pour laquelle s’est entiché le médecin dans ces vieux jours. L’auteur a le don de se moquer de ces bourgeois de province. Il sait pertinemment souligner leurs mesquineries et leurs bassesses, leurs suffisances et leurs cruautés. C’est un tableau de la nature humaine dans toute sa splendeur et ce n’est pas beau à voir !
Tout en restant sur le modèle d’un gentil conte, cette histoire a des accents fantastiques et ésotériques, chose que je n’aurai pas crue, venant de cet auteur. Le style d’écriture est riche et dense, tout en restant un livre relativement court.
Pour conclure, un court classique qui mérite amplement le détour !  

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Eugénie GrandetIllusions perduesLa duchesse de Langeais –  Le colonel ChabertLe père GoriotLes employésSplendeurs et misères des courtisanes