Le noeud de vipères

Fiche identité

  • Titre du livre: Le noeud de vipères 
  • Auteur: François Mauriac 
  • Nombre de pages: 287
  • Édition: Le livre de poche 

Résumé

Alors qu’il se sent bientôt mourant, Louis souhaite se venger des siens en les déshéritant tout en expliquant son geste dans une lettre.

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Lorsque j’ai commencé ce livre, je me suis dit: pourquoi m’intéresserai-je aux confessions d’un vieil homme plein de haine et de colère? J’étais assez sceptique au début des premières pages, et puis d’un coup, j’étais happée par ce journal intime et par la personnalité du personnage principal.
Louis est un homme qu’on pourrait presque qualifier d’antipathique : vieux et malade du cœur, sa dernière obsession est de jouer un mauvais tour aux membres de sa famille qui n’attendent que sa mort pour s’emparer d’un héritage colossal. Pourquoi donc ne pas les dépouiller de ces biens qu’ils espèrent tant ? Homme avare, inflexible, distant, plein de rancœur envers sa femme et sa famille, il est prêt à tout pour arriver à ses fins. Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi être arrivé à ce geste là ? C’est là où s’épanouit tout le talent de l’auteur car il arrive à analyser en profondeur ce personnage tortueux.
Paradoxalement, plus j’avançais dans ma lecture, plus je le prenais en pitié, plus j’avais de la compassion et plus je le comprenais et je l’appréciais même. On a tous au fond de nous peut-être ce « monstre » qui comprend le langage de son semblable…
L’auteur, à travers son personnage, critique aussi le conservatisme bourgeois de province ainsi les pratiques religieuses dénuées de sens et de foi, faites mécaniquement à la suite d’une longue habitude.
Le style d’écriture est fin, riche et nous dresse un portrait réaliste. La fin est belle et laisse un sentiment doux-amer dans la bouche.
Un livre percutant que je vous recommande !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: Thérèse Desqueyroux

Une bonne épouse indienne

Fiche identité

  • Titre du livre: Une bonne épouse indienne
  • Auteur: Anne Cherian 
  • Nombre de pages: 512
  • Édition: Folio

Résumé

Alarmé par des nouvelles inquiétantes sur la santé de son grand-père, Neel rend visite à sa famille en Inde pour quelques semaines. Mais il ne soupçonne pas le piège tendu par sa famille : à cause d’un malentendu savamment arrangé, il se retrouve coincé dans un mariage arrangé avec une jeune indienne nommée Leila.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog     

Ce livre est venu dans ma pile de lectures après un bon restaurant indien, comme quoi des chemins détournés mènent à la littérature.
C’est une histoire douce sur un mariage arrangé entre deux personnes : Neel, un médecin d’origine indienne qui a vécu longtemps aux Etats-Unis et qui s’est bien adapté à la culture de son pays d’adoption au point parfois de rejeter la sienne ; Leila jeune femme indienne qui se retrouve catapultée dans un nouveau pays à la suite d’un mariage arrangé où elle n’a rencontré son prétendant qu’une seule fois.
Si au début Leila semble n’être qu’une oie blanche bercée par des romans d’amour anglais et des films hindis, elle se révèle au fur et à mesure des pages plus subtile qu’elle ne le paraissait au début.
Quant à Neel, sa lâcheté m’a agacé : on sent qu’il est partagé entre deux cultures aux antipodes l’une de l’autre et que son rêve d’être en couple avec une Américaine (de préférence blonde) est le symbole de sa complète réussite sociale. Mais à aucun moment, il n’ose briser la glace avec son encombrante épouse et se contente de la soumettre à la solitude tout en continuant sa vie d’avant. Pff, il méritait une bonne paire de claques la plupart du temps !
Le livre reste quand même intéressant car l’auteur fait évoluer doucement les personnages, surtout Leila. Toutefois, je ne peux pas mettre une note supérieure car la morale de l’histoire est ambiguë : le choix de la famille se conclue par une réussite mais est-ce le cas dans la réalité ? Qu’en est-il de ces mariages arrangés où les femmes se retrouvent affublés d’un compagnon violent ou tyrannique qui la tient totalement à sa merci ? Pour moi, cette tradition reste absurde et cruelle, notamment pour les femmes, emprisonnées dans ces carcans rigides et qui sont « vendues » au premier venu.
Bon le livre reste quand même léger et doux, avec un style d’écriture fluide et agréable. Je le recommande comme une lecture d’été facile et sans prise de tête !