Ma Mercedes est plus grosse que la tienne

Fiche identité

  • Titre du livre: Ma Mercedes est plus grosse que la tienne
  • Auteur: Nkem Nwankwo
  • Nombre de pages: 184
  • Édition: Les Editions du Rocher

Résumé

Cette histoire se déroule au Nigéria. Onuma, fils d’Udemezue Okudo un chef de tribu, revient dans son village natal après quinze ans d’absence, au volant d’une magnifique Jaguar. Mais un malencontreux accident après une soirée alcoolisée va faire basculer toute son existence.

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Souvent, l’inconscient guide la main du lecteur dans le choix d’un roman. Je sens qu’un fil ténu lie quelquefois mes lectures. Si le précédent livre (cf. Automobile club d’Egypte) parlait de tout sauf de voiture, ce roman est quasiment son contraire.
Cette histoire ressemble, étrangement au roman, Le bûcher des vanités, de Tom Wolfe sauf qu’il se déroule en Afrique. Il s’agit ici d’une longue descente aux enfers suite à un accident de voiture. Alors que Sherman McCoy, le héros de Tom Wolfe a malencontreusement écrasé quelqu’un, Onuma envoie sa Jaguar dans le ravin après une soirée alcoolisée.
Onuma, comme Sherman McCoy, qui nageait dans l’opulence, se retrouve soudain au fin fond du gouffre. Issu d’un petit village de Nigeria, ce jeune homme réussit brillamment à Lagos, la capitale du pays. Doué d’un bon charisme, il arrive à se faufiler et à gravir aisément les échelons pour occuper un poste intéressant dans une société étrangère. La possession d’une voiture de luxe est en effet un symbole de réussite sociale. Mais tout s’envole en fumée avec l’accident.
Nous avons ici le portrait d’un jeune homme arrogant et plein de mépris pour ses semblables. Sans aucune éthique ni morale, il est prêt à tout pour assouvir ses besoins matériels, quitte à voler son employeur, à fréquenter des truands et à s’affilier en même temps à des partis politiques concurrents. Bref, c’est un petit malfrat qui ne suscite aucune compassion.
Ce livre dénonce également la corruption qui gangrène la politique, les traditions ancestrales coûteuses, les pratiques religieuses chrétiennes assez brutales, le culte de l’apparence au niveau de la société nigériane, le choc culturel entre les mœurs occidentales et les valeurs africaines.
Pour conclure, c’est un court roman qui mérite le détour pour ceux qui seraient intéressés par la littérature du continent africain. 

Automobile club d’Egypte

Fiche identité

  • Titre du livre: Automobile club d’Egypte
  • Auteur: Alaa El Aswany
  • Nombre de pages: 637
  • Édition: Actes Sud

Résumé

L’Automobile club d’Egypte est le lieu central de cette intrigue, où va travailler Abdelaziz Hamam, un noble ruiné qui s’installe au Caire. A travers le vécu de ces quatre enfants, nous allons découvrir une chronique de l’Egypte des années 1940, au moment du règne du roi Farouk.

Avis     Coeur-blogCoeur-blogCoeur-blogCoeur-blog     

Alors que le quotidien est morose, qu’aucun répit ne s’offre à l’horizon, plonger dans ce roman coloré, riche et plein d’entrain m’a permis de m’évader le soir, lorsque le sommeil fuyait tellement je suis submergée d’angoisse.
Ce livre est un roman polyphonique où interviennent plusieurs narrateurs, soit à la première personne, soit à la troisième personne. L’histoire prend deux directions, tout en restant imbriquées l’une dans l’autre.
D’abord, il s’agit de celle de la famille d’Abdelaziz Hamam, fraîchement arrivée au Caire. Les quatre enfants auront chacun un parcours différent que nous découvrirons au fur et à mesure des pages : Saïd, l’aîné égoïste et individualiste ; Kamel jeune étudiant plein de patriotisme ; Saliha dévouée, studieuse et naïve ; Mahmoud paresseux mais amoureux des plaisirs en tout genre. Autour d’eux gravitent une multitude de personnages comme Oum Saïd leur mère, Mitsy, Abdoune, Aïcha la voisine, M. Wright, les salariés de l’Automobile club d’Egypte, le prince Chamel, Faouzi etc. Pendant un long moment, ces personnages ont fait partie de mon quotidien, comme de vieilles connaissances, souvent drôles, attachants et tellement vivants.
Puis, il y a la vie dans l’Automobile club d’Egypte, un microcosme où se côtoie les aristocrates anglais qui occupaient l’Egypte à cette époque ; le roi qui y joue toute la nuit accompagnée de sa cour, les serviteurs noirs sous le joug d’El-Kwo, le chambellan du roi, un être tyrannique, odieux et malfaisant.
C’est un livre où on découvre la culture égyptienne, où on respire l’odeur des bons petits plats locaux, où on déambule dans les quartiers du Caire, où on dîne les salons feutrés de l’Automobile club, où on entre dans l’intimité familiale. Mais c’est aussi un roman de société qui dénonce les conditions sociales, le racisme ambiant, les inégalités sociales flagrantes entre les Egyptiens et les Anglais, le rôle subtil des femmes dans les foyers, la crise politique latente qui couve en Egypte accentuée par les frasques du roi, l’occupation anglaise avec son lot de mépris et de condescendance.
Le style d’écriture est agréable, limpide et léger. Le roman se lit quasiment d’une traite. Je n’ai pas mis le 5ème cœur car j’ai trouvé la fin totalement bâclée par rapport au contenu. L’auteur finit abruptement cette histoire sans même préparer le terrain. C’est comme s’il n’avait plus d’inspiration et qu’il décidait tout à coup de terminer ce récit avec une pirouette. J’aurai aimé que l’auteur continue cette histoire, qu’il passe même à la seconde génération jusqu’à la révolution égyptienne.
Pour conclure, ne tenez pas compte de cette couverture peu attirante et allez à la découverte de ce beau roman !

Autre(s) livre(s) de cet auteur commentés dans ce blog: L’immeuble Yacoubian